Les maladies les plus fréquentes chez les poules pondeuses.

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Une remarque préalable s’impose : mieux vaut prévenir que guérir ! Soyez attentif à l’entretien du poulailler et à la qualité de l’alimentation, vous éviterez ainsi 90% des problèmes. La poule est un animal robuste et si ces règles d’hygiène sont respectées, vous n’aurez en principe aucune visite vétérinaire à prévoir. Autre règle d’or : isolez systématiquement (et immédiatement) une poule qui présente des signes de faiblesse. Vous l’aiderez ainsi à se retaper, mais surtout vous éviterez une contagion au reste du cheptel !

Voici les principales pathologies des poules que vous pouvez rencontrer :

La maladie de Newcastle (aussi appelée « peste aviaire »)

C’est une affection foudroyante et très contagieuse. Rares sont les survivantes et si une poule survit à la maladie, elle présentera souvent des séquelles.

La maladie  se manifeste par une septicémie brutale: forte fièvre, perte d’appétit, forte soif, plumes hérissées, dos rond, troubles respiratoires et nerveux. Il n’y a pas de traitement, mais il existe des vaccins. La plupart des jeunes poussins et des poules vendues par les professionnels sont vaccinés.

La maladie de Marek

Elle est également redoutable. Les vaccins ne sont malheureusement pas toujours efficaces, même si la plupart des volailles vendues par les professionnels sont vaccinées contre cette maladie. La maladie de Marek peut se présenter sous trois formes :

– la forme nerveuse ou paralysante qui affecte surtout les jeunes. La poule se paralyse d’une patte, d’une aile, parfois des deux ;

– la forme digestive avec des tumeurs qui peuvent apparaître sur les organes internes ;

– la forme oculaire qui provoque une déformation de la pupille, une décoloration de l’œil, puis une cécité.

La coccidiose

C’est une maladie parasitaire intestinale qui se manifeste par une anémie chronique et des diarrhées qui peuvent être sanguinolentes ou non. Les diarrhées, la perte d’appétit et l’impression d’abattement sont des symptômes courants. Attention la coccidiose se développe principalement sur des espaces peu entretenus, raison pour laquelle nous n’insisterons jamais assez sur le nettoyage du poulailler ! En effet les coccidies sont des parasites microscopiques qui sont ingérés par les animaux et vont se développer dans le système intestinal, captant les éléments nutritifs. A force, l’animal dépérit peu à peu et peu mourir si rien n’est fait.

En prévention, le vermifuge sera un bon rempart contre la coccidiose. Certains préconisent le vinaigre de cidre ou l’ail frais broyé (mélangé à l’alimentation). Ces solutions présentent des bienfaits nutritifs pour les poules mais elles sont toutefois moins efficaces.

En traitement curatif, on préconisera des antibiotiques ou autre traitement anti-coccidiens procurés chez le vétérinaire.

La plupart des poules vendues par les éleveurs (professionnels) ont reçu un traitement contre la coccidiose.

Le coryza

Le coryza est une sorte de rhume des poules, c’est une maladie respiratoire fréquente et sans gravité si elle est traitée rapidement. Les symptômes sont faciles à identifier, ils se concentrent sur les yeux et les voies respiratoires. On remarque souvent un râle à la respiration, comme si la poule était enrouée. Les yeux sont gonflés voire fermés, la partie supérieure du bec présente un écoulement nasal… L’état peut rapidement se dégrader.

Le coryza s’explique par plusieurs facteurs : mauvaise isolation du poulailler, humidité importante, manque d’entretien. Cette infection respiratoire est le résultat d’une bactérie. Pour soigner la poule malade, il faut utiliser des antibiotiques. Certains adeptes de la médecine douce préconisent également une tisane au thym. Ce remède ne peut pas faire de mal aux poules, mais il sera un complément au traitement antibiotique.

Si la poule malade est prise en charge rapidement, la guérison est rapide (au bout de 48 heures). Attention à bien isoler la poule du cheptel car le coryza est très contagieux ! Si possible, mettez la poule à l’intérieur (au garage ?) bien au chaud, avec eau et nourriture à disposition. On mettra au sol une litière bien propre et abondante, absorbante pour s’assurer d’un environnement sec.

Pour la suite, veillez à l’isolation du poulailler et à sa propreté ! Ratissez régulièrement le sol et une fois par an désinfectez à la chaux ou au pyrèthre.

Les parasites internes : les vers intestinaux

Les vers sont transmis par les limaces et les insectes et sont surtout présents dans les élevages en plein air. Vous pouvez le déceler grâce à un retard de croissance, une forte consommation de nourriture. Ces intrus prélèvent la nourriture directement dans l’intestin des poules. Ils fragilisent les volailles et peuvent même occasionner des lésions internes. Si rien n’est fait, la poule dépérit progressivement et peut même mourir. Quelques signes à relever : amaigrissement, baisse voire arrêt de la ponte, fientes liquides.

Le vermifuge, à prodiguer idéalement deux fois par an en automne et au printemps, permettra de réguler le développement des vers. Privilégiez les solutions naturelles liquides à dissoudre dans l’eau. Précisons qu’un nettoyage régulier du sol du poulailler contribuera également à réduire la présence de ces hôtes indésirables.

Les parasites externes : les poux

Rassurez-vous tout de suite, les poux noirs et les poux rouges ne sont pas transmissibles à l’homme ! Aucun risque pour les enfants… Ces parasites occasionnent par contre une réelle gêne pour les volailles.

Surveillez le plumage de vos poules, en particulier les zones peu accessibles pour elles : sur le poitrail, entre les pattes, sous les ailes et autour de l’anus. Lorsque vous manipulez vos poules, prenez l’habitude de souffler dans le plumage pour inspecter la base des plumes, là où peuvent se loger les parasites. Si vous observez des points rouges ou noirs, il peut s’agir des poux. Soyez intraitables avec les poux rouges qui sucent le sang des volailles et les affaiblissent. Souvent, certaines zones sont irritées ou déplumées.

Très souvent, les poux sont liés à un entretien insuffisant du poulailler. Un seul mot d’ordre : nettoyage et traitement complet de la basse-cour ! Retirez la litière usagée et appliquez un traitement antiparasitaire sous forme de poudre insecticide avant de tapisser la nouvelle litière. Appliquez le traitement sur toutes les poules. Nous vous conseillons la poudre antiparasitaire au pyrèthre, c’est un traitement naturel polyvalent très efficace.

La gale des pattes

C’est la cause d’un acarien qui s’installe sous les écailles des pieds. Cette pathologie révèle un manque d’entretien du poulailler puisque la gale se développe principalement sur les sols mal entretenus. En prévention un nettoyage régulier sera donc le meilleur rempart contre cette vilaine maladie.

Le premier signe caractéristique est un décollement des écailles. Peu à peu des croûtes se forment, les écailles finissent pas tomber et les pattes se déforment. Si rien n’est fait la gale occasionne de graves lésions et douleurs.

La bonne nouvelle est qu’elle se soigne très bien, même si le traitement est un peu fastidieux : préparez une bassine d’eau chaude avec une dose de Synthol. Plongez les pattes de la poule dans la bassine un bon 1/4 d’heure, le temps que les écailles se ramollissent. Maintenez la poule hors de l’eau, seules les pattes doivent tremper (vous verrez, certaines aiment ces bains de pieds !). Appliquez ensuite une poudre parasitaire spéciale volailles en dessous des écailles, là où sont logés les parasites. Il peut être utile de mettre la poule à l’envers quelques instants pour s’assurer que le saupoudrage pénètre bien à la racine des écailles, puisque celles-ci poussent vers le bas.

Une fois la poudre antiparasitaire appliquée, appliquez une pommade grasse (homéoplasmine ou vaseline) en massant les pattes de bas en haut. De la sorte, la pommade pénètre à la base de écailles et asphyxie les parasites.

Après quelques jours, vous observerez une cicatrisation des croûtes et progressivement les pattes retrouveront leur aspect d’origine. Il peut-être utile de recommencer le traitement au bout de 8 jours, cela dépend si le premier traitement a été prodigué suffisamment tôt. Si vous attendez trop et laissez la gale se développer, un deuxième voire un troisième traitement pourront s’avérer nécessaires…

La gale des plumes

La gale des plumes, également appelée gale déplumante, est la méchante cousine de la gale des pattes. Précisons ici que vous n’avez rien à craindre de ces parasites, ils ne s’attaquent qu’aux poules et non aux humains bien entendu !

Si vos poules perdent leurs plumes à des endroits localisés difficilement accessibles (croupions, poitrail, haut des cuisses…) et qu’elles manifestent des signes d’irritation ou de démangeaison, il peut s’agir de la gale des pattes. Il est important de manipuler l’animal pour en avoir le cœur net : si vous observez des zones nettement déplumées où les plumes semblent avoir été rongées, avec présence de cocons (matière semblable à du coton) à la base des plumes touchées et irritations cutanées, agissez vite ! Il faut nettoyer le poulailler intégralement et appliquer un traitement antiparasitaire dans les pondoirs, sur les perchoirs et dans les recoins du poulailler. Ratissez le sol de l’enclos, en particulier là où se trouvent les nids de poule où les volailles se « poudrent ». Si vous y avez mis du sable, renouvelez-le. Le traitement antiparasitaire devra également être appliqué sur tout le cheptel aux endroits touchés ou potentiellement attaqués par les parasites : croupions, cou, haut de cuisse et dos. Soyez par la suite extrêmement rigoureux sur le nettoyage du poulailler et renouvelez 2 fois le traitement sur les volailles, à une semaine d’intervalle.

Le piquage

Les poussins s’amusent parfois à se piquer en se donnant des coups de becs, cela est tout à fait normal. De même, les poules adultes se chamaillent de temps à autre. Le piquage révèle en revanche un problème puisqu’il peut occasionner la mort des sujets qui en sont victime. Le piquage est fréquent dans les élevages industriels où les animaux manquent cruellement d’espace pour s’ébattre. Ils développent dans ce cas des comportements qui nous paraissent étranges, mais qui traduisent tout simplement des réflexes de survie. Les plus faibles sont régulés par leurs congénères en l’absence d’espace suffisant pour tout le monde. Les professionnels de l’élevage industriel ont trouvé la solution : ils déquecquent les poules ! Cruel me direz-vous… pourtant dans ces « élevages » (usines devrait-on dire) cela fait longtemps qu’on ne considère plus le bien être animal. Imaginez que dans les élevages intensifs de cochons, pour « optimiser » l’espace et éviter que les animaux se mordent la queue, on la coupe tout simplement !

Mais peu de chance que vous éleviez vos poules dans ces conditions !  Si l’espace est suffisant et la nourriture de vos poules riche et équilibrée (limiter la protéine animale dans l’alimentation), vous n’aurez pas à redouter le piquage.

Prévenir plutôt que guérir…

Nous vous le disions en préambule, il existe un point commun à un grand nombre de maladies : l’hygiène et la propreté du poulailler. Un entretien régulier permettra d’éviter la plupart des maladies et des parasites.

Je rajouterais même qu’il faut vérifier tous les jours l’état de santé de vos poules. Une maladie traitée dès son apparition évitera les complications et se soignera plus rapidement.

Attention : en cas de doute, consultez un vétérinaire !

Pour plus d’information, téléchargez notre guide gratuit pour élever des poules pondeuses.

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